église de La Gaudaine, paroisse saint-Lubin du Perche, Nogent le Rotrou

Notre-Dame

Le bourg de la Gaudaine…

Tel que nous le connaissons ne se développa que fort tardivement : il était à l’origine constitué seulement d’un prieuré avec son église. Cet ensemble existe là depuis le XIIe siècle dans une campagne simple et paisible, où prend source le petit ruisseau d’Arcisses qui se jette dans le Val Roquet à Nogent-le-Rotrou. Le prieuré Notre-Dame de la Gaudaine dépendait de l’abbaye de Saint-Chéron à Chartres. Un prieuré est un monastère généralement créé par une abbaye plus importante sur un domaine foncier qui lui a été donné : il est placé sous l’autorité d’un prieur, lui-même dépendant de l’abbé.

Le prieuré est desservi par des moines…

Qui vivent souvent durement et très pauvrement. Venant de l’abbaye-mère, ils gèrent le temporel sur place et envoient les revenus à leur abbaye, laquelle les dote d’une église qu’elle construit et entretient. Le nombre de moines d’un prieuré est très variable selon les cas, les époques et les lieux, depuis un seul desservant qui exerce les fonctions d’un vicaire, jusqu’à une véritable communauté monastique avec un cloître. Dans ce cas, le prieur ne se distingue d’un abbé que par son titre. Ces grands prieurés avaient rang d’abbaye et disposaient également de prieurés dépendants d’eux. Mais le prieuré Notre-Dame de la Gaudaine n’était point de cette importance ! Il était même si modeste qu’un dicton du pays donnait ironiquement le nom de « prieur de la Gaudaine » à celui qui voulait paraître au-dessus de sa condition…

Bien des villages de notre secteur…

Ont été pourvus d’un prieuré… Saint-Martin à La Croix du Perche, prieuré Saint-Laurent, prieuré saint-Pierre et Saint-André à Authon, prieuré Saint-Jean-Baptiste et prieuré Saint-Blaise à La Bazoche-Gouët, saint-Michel à Beaumont, Notre-Dame à La Chapelle Guillaume, Saint-Gilles à Soizé, etc. S’il ne subsiste en général que peu de vestiges de ce quadrillage du territoire par les moines, les chapelles prieurales en revanche ont souvent été agrandies au fil du temps par l’ajout d’une nef plus vaste afi n d’accueillir le nombre grandissant des fidèles des communautés villageoises, et elles sont ainsi devenues les églises paroissiales que nous connaissons aujourd’hui encore. L’église Notre-Dame de la Gaudaine date donc du XIIe siècle. On peut y remarquer des poutres à engoulant – sculptures de têtes monstrueuses qui semblent avaler la poutre, ainsi que la chaire provenant de l’église Saint- Brice de Chartres.

L’église avait autrefois grande renommée…

Grâce au pèlerinage de saint Marcoul. Marcou, ou Marcoul, était moine dans le Cotentin où, durant le VIe siècle, il a inlassablement annoncé l’Évangile. Après sa mort, ses reliques ont eu la réputation de guérir les écrouelles (tumeurs malignes appelées aussi scrofules). Dès le XIIIe siècle, saint Marcou fut invoqué pour leur guérison. Le pèlerinage à saint Marcou, le 1er mai, reste important de nos jours, notamment dans ses « maîtresses places » du Perche-Gouët : La Gaudaine, Moulhard, Charray, et le Poislay dans le Loir-et-Cher. À la Gaudaine, une messe est célébrée le 1er mai à 10 30 h.

Comme beaucoup d’autres saints…

Marcou a été honoré au fil des siècles, car les saints sont considérés par les chrétiens comme des intercesseurs privilégiés auprès de Dieu.

 

La Gaudaine, paroisse saint-Lubin du Perche, Nogent le Rotrou