Édito décembre 2020

UN ENFANT BIO NOUS EST NÉ…

  1. Le temps de l’attente et du désir

« Voici le temps du long désir, Où l’homme apprend son indigence, Chemin creusé pour accueillir, Celui qui vient combler les pauvres… » Ce cantique de l’avent est tiré de la liturgie des heures, que l’on vous invite régulièrement à (re)découvrir dans nos infoslettres. Ces mots offrent un préambule à ce qu’est le temps de l’avent : temps du désir, de l’attente…

L’avent, dans notre hémisphère nord, rime avec la rudesse de l’hiver. Il nous confronte à notre fragilité mais nous invite aussi à l’intériorité. Le semi-confinement dans lequel nous sommes encore nous y oblige mais il peut surtout nous y aider. C’est ce à quoi Jésus nous appelle dans l’évangile du premier dimanche de l’avent : « Veillez ! »

Cette veille nous permet d’exprimer au Seigneur ce que nous attendons. Quels sont nos désirs durant ce temps de l’avent ?

Même le côté commercial dit bien quelque chose de ce désir… à réorienter ou purifier sans doute. Il s’agit de trouver la voie montrée par Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus, celle de la simplicité, non de la naïveté, mais de la joie d’un cœur d’enfant.

Cette veille appelle le silence…

 

  1. Goûter le silence pour laisser résonner la parole de Dieu

Nous avons besoin de calme et de silence pour prendre du recul, corriger la trajectoire de notre vie si cela est nécessaire et tout simplement plus et mieux nous enraciner dans cette vie, également de faire le point sur notre chemin de foi.

“Quel est celui d’entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer… ?” dit Jésus. Or nous le savons : nous courons trop, nous sommes stressés… Et si ce temps de l’Avent nous donnait de redécouvrir les bienfaits du silence ?… Couper cinq à dix minutes la radio lors d’un trajet en voiture, ne pas se jeter sur la télé à peine rentré, prendre le temps d’une balade silencieuse dans la nature… Maintenant que nous pouvons sortir 3 heures ! Faire silence devant la crèche, face au mystère de Dieu qui s’est fait homme… Et trouver le silence et la paix intérieurs.

Nous désirons rencontrer Dieu et lui désire nous rencontrer : nous sommes fait pour nous entendre ! Je vous invite à avoir chez vous une bible ouverte, à la mettre dans la crèche, devant ou à côté.

Posez-vous devant la crèche, dites une prière, le Notre Père ou le je confesse à Dieu, chantez ou lisez un chant de l’avent, méditez un passage de la Parole de Dieu.

 

  1. Comment prier avec la Parole de Dieu ?

Quel texte choisir ? Commençons par ceux du dimanche qui vient. Ceux-ci ont été choisis comme « les essentiels ». Cela donne un objectif par semaine, le rythme naturel de la vie, un programme à vue humaine. Le lundi méditons la 1ère lecture, le mardi le psaume, le mercredi la 2e lecture, le jeudi l’évangile… Et le vendredi et samedi ? Nous pouvons nous rattraper si nous avons un jour de retard. La méthode est miséricordieuse ! Si nous sommes « à jour », nous pouvons reprendre un texte que nous avons particulièrement aimé ou au contraire un texte que nous n’avons pas bien compris. Les textes se complètent. Nous aurons un autre éclairage à la lumière des passages déjà médités. En préparant ainsi les lectures du dimanche qui suit, vous serez plus à même d’accueillir l’homélie.

Pour entrer dans une lecture priante… Imaginer la scène à partir de ce que l’on vient de lire. En faire un tableau à l’aide de son imagination, une composition de lieu comme le dit St Ignace de Loyola. Cet exercice n’est pas superflu ! Il nous aidera à entrer dans le texte sans aller trop vite à « la morale de l’histoire ». L’Écriture deviendra parole et vie en s’attachant au lieu (montagne, maison, bord de lac, chemin…), en repérant les personnages, ce qu’ils disent mais aussi ce qu’ils font, leurs déplacements, plus marquant pour la visualisation de la scène.

Et se laisser consoler ou encourager par le Seigneur qui parle par un mot, une phrase, une attitude… Pour aider à entrer dans cette contemplation, on peut parfois s’identifier à l’un des personnages. On peut se mettre à la place de la brebis perdue mais aussi de Jésus dans l’invitation à soutenir son prochain.

Trouvez une lumière pour votre journée et rayonnez-en sur les autres. Un temps à vivre seul, en couple, en famille, en invitant quelqu’un quand ce sera à nouveau possible…

 

« En pensant à ce que le Concile Vatican II rappelait avec force que « L’Eglise ne cesse, de la table de la Parole de Dieu comme de celle du Corps du Christ, de prendre le pain de vie et de le présenter aux fidèles[1]», je souhaite que chacun d’entre nous puisse entendre ce que Saint Césaire, évêque d’Arles au Vème siècle disait à ses diocésains : « la lumière de l’âme et sa nourriture éternelle ne sont pas autre chose que la Parole de Dieu, sans laquelle l’âme ne peut jouir de la vue ni même de la vie : notre corps meurt, faute d’absorber des aliments; de la même façon, notre âme périt, faute de recevoir la Parole de Dieu”. Il posait régulièrement cette question à propos de la méditation de la Parole de Dieu “Qu’avez-vous mangé, aujourd’hui ?” Puissions-nous avoir la même disponibilité, le même goût pour la Parole de Dieu, et nous poser à notre tour la même question: “Qu’avons-nous mangé, aujourd’hui ?“. » (Mgr Michel Pansard, Lettre pastorale à l’occasion de l’année de la Parole, 2008-2009)

 

Ce silence, goûtez le aussi pendant la messe… Appréciez les temps de silence… Pendant que le prêtre « range » les vases sacrés, fermez les yeux, fixez la crèche, une bougie… Parlez au Seigneur que vous venez de recevoir dans sa parole et son pain de vie…

 

 

Conclusion

Le fruit de tout cela est la paix. Qui veut la paix prépare la guerre dit le dicton. Qui veut la paix prépare la paix ! Car ce silence rejaillira sur le « bruit » habituel de la vie… Il fera de nous des instruments de paix.

 

Père Yannick Coat

[1]     Constitution dogmatique « Dei Verbum » sur la Révélation du Concile Vatican II, n°21