Edito mars 2019

Aidons notre Église à être fraternelle et généreuse. Joyeux carême !

Dans quelques jours, les chants du carême résonneront dans nos églises, nous invitant, à la suite de Jésus, à prier, jeûner, à vivre plus pleinement la charité dans l’aumône… « Seigneur, avec toi nous irons au désert, Poussés comme toi par l’Esprit… Et nous mangerons la Parole de Dieu… Et tu guériras notre mal… Et nous porterons notre croix… Et nous goûterons le silence de Dieu… Et nous renaîtrons dans la joie… » Je vous invite de tout cœur à vraiment goûter ce silence dans lequel résonne la Parole, ne serait-ce que 10-15 mn par jour. Dans le bruit des blessures qui meurtrissent notre Église en ce moment, c’est certainement de silence dont nous avons le plus besoin. Il nous préparera à demander la conversion, par le sacrement de réconciliation, pour la joie mais non sans renonciations, non sans jeûne.

Nous proposons justement pendant ce carême de prendre soin de notre Église, de revisiter nos fondamentaux : la vie communautaire et le soutien concret de la mission de l’Église. La vie communautaire tout d’abord par les dîners 4×4. Pas de thème, pas d’objectif autre que de mieux se connaitre et finalement grandir en fraternité : « Louons Dieu pour sa miséricorde, Glorifions, l’Agneau livré pour nous. Rayonnons de sa miséricorde. À nos frères livrons-nous dans l’amour », chantons-nous. « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13, 35). Le soutien concret de la mission de l’Église : vous le savez, l’Église ne vit que de don. Je vous remercie pour la générosité que vous manifestez lors des quêtes, mais la paroisse ne pourrait assumer sa mission sans l’aide du diocèse.  Traitement des prêtres et en partie des adjointes en pastorales, services diocésains, notamment l’économat, tout cela est assuré par le diocèse. L’Église n’est pas une entreprise mais comme une entreprise elle a des frais pour assurer sa mission. Les bâtiments entrainent des frais : travaux, coût énergétique, impôts. Idem pour un secrétariat   : location de photocopieurs, téléphonie, papeterie… Le budget  de fonctionnement de la paroisse : 190 000 € par an. En partie, le diocèse aide là aussi, notamment pour des travaux, ainsi 10 000 € pour le chauffage de l’église Saint-Jean-Baptiste de Nogent. C’est pourquoi nous n’aiderons pas cette année une œuvre caritative proche ou lointaine mais notre Église locale. Nous demandons à chacun de discerner l’effort qu’il peut faire pour donner au denier de l’Église, auquel seulement 25 % des pratiquants participent. Ces mots de notre économe dans le Diocésain de février 2019 sont éclairants : « Notre Église diocésaine n’est pas un prestataire de service que nous payerions, au coup par coup, en fonction de notre utilisation. L’Église est notre patrimoine commun, auquel chacun est appelé à contribuer, car nous souhaitons qu’elle soit encore présente dans une semaine, six mois, deux ans, trente ans, comme elle l’était déjà du temps où Priscille et Aquila soutenaient la prédication de Saint Paul.

Que je la fréquente ou non pendant les six mois, deux ans ou trente ans à venir, il m’est important que l’Église demeure, qu’elle m’attende, qu’elle m’accueille lorsque je viendrai la retrouver.

Ce qui permet cette permanence, c’est qu’elle aura pu vivre pendant ce temps-là, par mon soutien. Des aspirants au sacerdoce auront été formés, des prêtres auront reçu leur subsistance, le patrimoine aura été entretenu, des enfants auront été baptisés, catéchisés. Et tous, je les retrouverai à mon retour, dans une semaine, six mois, deux ans, trente ans.

Ainsi le Denier ne fait pas appel à notre générosité, mais plutôt à un sentiment d’appartenance ou devoir de fidélité envers l’Église, »

Aidons notre Église à être fraternelle et généreuse. Joyeux carême !

Père Yannick COAT