Comprendre les enjeux bioéthiques …

 « La bioéthique, pour quoi faire ? 

Pour réfléchir ensemble, prendre du champ, du temps, jeter le doute dans la mare de nos certitudes, ne jamais oublier l’autre, l’humain, caché derrière le mirage technologique ou la force du désir. »

Jacqueline Mandelbaum, Comité Consultatif National d’Ethique

 

Les États généraux de la bioéthique ont été lancés le 18 janvier dernier.

Fin de vie et procréation, cellules souches et recherches sur l’embryon, intelligence artificielle, neurosciences, dons et transplantations d’organes, médecine prédictive et génome, données de santé, santé et environnement… autant de vastes sujets sur lesquels nous sommes invités à réfléchir et donner notre avis sur le site officiel (https://etatsgenerauxdelabioethique.fr) ou en participant au débat en région. Participons !

Le risque est grand en effet, non pas tant de camper sur des positions que certains considèrent rétrogrades ou à l’opposé d’entrer dans une ère libérale où « tout est permis », lors de la révision des lois de bioéthiques, mais de ne pas se poser la question entendue sur RTL : tout ce qu’il est possible de faire doit-il être légalisé ?

Le sous-titre du site officiel est évocateur : Quel monde voulons-nous pour demain ? Car il s’agit vraiment de cela. Beaucoup pensent que légaliser l’euthanasie n’impose à personne de la pratiquer… Sans mesurer que dans ces domaines « Décider pour soi c’est décider pour l’humanité », s’il m’est permis de citer Sartre… Le professeur Sicard, ancien président du Comité national d’éthique, l’affirme : « Chacun revendique son “droit à” sans prendre la mesure des conséquences pour le reste de la société. » Connaissant le séisme qui suit un suicide dans une famille, pouvons-nous penser au suicide assisté avec la froideur à laquelle on semble nous inviter ? La compassion des soignants ou des équipes d’aumônerie hospitalière manifeste qu’il y a une autre façon d’accompagner la fin de vie. Autant de sujets où beaucoup de souffrance est en jeu, celui de la procréation éminemment. Attention cependant aux faux débats… Un enfant ne peut-il pas être aussi heureux avec un couple de femmes ou d’hommes aimants ? Évidemment… oui ! Un couple homme-femme peut ne pas être équilibré et les enfants malheureux sont nombreux… Mais dans l’ouverture à la procréation pour toutes les femmes, l’enjeu n’est-il pas l’acceptation que l’on peut se passer d’un père ? Et l’oubli de la souffrance que cela peut induire pour ces enfants… Par ailleurs, il nous faudra être attentifs au fait que les personnes homosexuelles n’ont pas choisi de l’être. Nous ne pouvons pas être sourds à leur souffrance. Entrons en dialogue dans un monde pluriel, mais dans lequel l’Église offre la beauté de son anthropologie, la sagesse de son attention aux petits. Et ces lois ont un volet social non négligeable : les risques d’eugénisme, d’inégalité, de dérapages existent. Sans compter ceux de manipulations médiatiques des opinions où la démocratie ne serait plus que la somme de libertés individuelles. Participons !

Père Yannick COAT

Pour aller plus loin

Fiches bioéthiques : 
>> Introduction
>> GPA
>> PMA
>> Fin de vie

>> Comprendre les enjeux des états généraux de la bioéthique

>> Les États généraux de la bioéthique
 
Quand la fiction nous aide à penser la réalité
Livres :

"Le meilleur des mondes" d'Aldous Huxley



"La déclaration" de Gemma Malley

Film :

 "Bienvenu à Gattaca" de Andrew Niccol Dans un monde parfait, Gattaca est un centre d'études et de recherches spatiales pour des jeunes gens au patrimoine génétique impeccable. Jérôme, candidat idéal, voit sa vie détruite par un accident tandis que Vincent, enfant naturel, rêve de partir pour l'espace. Chacun des deux va permettre à l'autre d'obtenir ce qu'il souhaite en déjouant les lois de Gattaca.